Emile Paris
Souvenirs d’hier et d’aujourd’hui… (JJ, mars 2008)
Né en 1950, je vis toujours à Branchon. Je voudrais évoquer quelques anecdotes sur le village.
J’ai effectivement fréquenté l’école communale du village des garçons ; en face, dans l’imposant immeuble situé à côté de la salle, se trouvait l’école des filles tenue par Mme Toussaint, connue pour sa sévérité. Mon instituteur s’appelait Jules Gilot qui appliquait avec sévérité sa pédagogie en utilisant parfois des méthodes extrêmes, comme sa règle métallique sur les doigts de l’élève puni. J’étais à l’école avec Jacky Fontaine et Jean-Marie Hamende, entre autres. Nous avions congé le jeudi ( rappelez-vous l’expression : « la semaine des quatre jeudis » pour évoquer une semaine sans obligation scolaire et devenue dans le langage courant, une chose qui ne se passera jamais…) mais étions obligés de nous présenter le samedi matin. En outre, à 11h30, nous traversions la rue pour suivre chaque jour le cours de catéchisme donné par le curé Hatert dans une classe libre de l’école des filles pour être autorisés à faire notre communion solennelle. Dans l’immeuble communale, la partie de gauche était réservée à l’école. A côté, une seconde partie était mise à la disposition de l’instituteur. A sa pension, il conserva encore quelques années ce logement avant de déménager vers Eghezée. Il possédait un magnifique jardin bien entretenu qui faisait certainement sa fierté. Dans la cour en cendrée, il cultivait un magnifique parterre de Tulipes multicolores s’étalant de la grille à la maison ; il était absolument interdit de le piétiner. C’est pourquoi l’usage du ballon (de foot) était strictement proscrit. Je ne me rappelle pas qu’elle aurait été la mesure disciplinaire en cas de pénétration dans cette zone et de violation de cette règle. Il n’en a jamais été question. Par conséquent, nous jouions à Touche-touche, … et surtout aux billes : après avoir délimité le terrain, nous formions la « potte » ( le trou). Une nouvelle grande partie était engagée pour expédier hors du terrain les adversaires mais surtout avec adresse de lancer la bille dans la bonne direction. Le préau était adossé à l’école et en face, il y avait l’urinoir. Le tilleul a été planté en 1930 par les Autorités pour célébrer le centenaire de notre pays dont une manifestation fut organisée à l’époque à travers notre village avec un grand cortège.(Voir photos Gréban disponibles). De l’autre côté de la rue, l’école des sœurs avait une cour emmurée à la place de la salle actuelle. Il a donc été abattu lors de la construction et l’aménagement de cette salle paroissiale en date de 1958 par des personnes du village, le « Blanc de Meeffe » ( Lefèvre ), les Chéron,….qui devait servir à chaque personne du village. De nombreuses activités ont été organisées pour faire vivre le village et entretenir ce bâtiment. La disposition de la salle devait permettre dans un premier temps les représentations théâtrales mais aussi la projection de films par le technicien-amateur, M.Raymond Gramme, les dimanches après-midi. La télévision était peu répandue à l’époque. Les fancy-fairs étaient organisées par M. le curé aux profit des œuvres paroissiales. Au début, elles étaient même installées dans la cour du château Lefèvre. L’école des sœurs de la Providence a servi un temps de restaurant. Il est difficile de préciser la date de construction de cet immeuble mais sa première occupation daterait vers 1822. Cet immeuble sis rue du Baty, n°6, d’une contenance de 7 a et 4 ca, à l’origine appartenait depuis des temps immémoriaux à la Fabrique d’église; il a été vendu en première séance publique en date du 26 novembre 1976 aux familles Pieter Van Gysegem, Colinet et Jacques Van Gysegem. Il fût acquis ensuite par M. Maurice Colans en 1978. Ce dernier le vendit le 18 février 1993 à la Compagnie Immobilière de Hesbaye dont je suis le responsable. (Cf .Archives personnelles de vente). Ce bâtiment a profondément été transformé en deux parties locatives ; le pignon a été rénové tout en gardant son cachet d’origine. J’ai fait partie du club des jeunes pendant plusieurs années et permettez- moi d’évoquer cet inoubliable événement organisé ce 22 décembre 1973 à 21 h00 : la soirée de Christian Vidal, chanteur belge ( cf. photo) qui sortait le 45 T. « Angélique », un tube planétaire. La salle était pleine à craquer (+ de 750 personnes ?). Le bourgmestre n’a pas fermé l’œil cette nuit-là! Responsable de la sécurité, il avait pris conscience que cet événement dépassait les normes et le cadre d’un petit bal villageois. Je me rappelle aussi l’épisode des 25 centimes. Cette pièce de monnaie, courante à cette époque, avait la particularité d’être touée en son centre. Nous la recevions fréquemment pour remplir notre tirelire ou acheter un bonbon. Elle terminait souvent son chemin dans la corbeille de Monsieur le curé Hatert lors des offrandes à l’église. Enervé par cette récolte miséreuse, il fabriqua un collier de pièces ornant l’autel de l’église. Il fit ensuite un sermon à toute l’assemblée. |