Notre cité campagnarde compte deux châteaux qui ne se visitent pas. L’un se situe en face du Bâty, à l’ouest du village au N°334 de la route de la Hesbaye : c’est le château de Branchon. Le second s’élève à l’est dans la direction de Wasseiges au n° 425 de la route de la Hesbaye, construit de 1909 à 1913 par la famille Gréban de Saint Germain.
Le château de Branchon :

Dans le domaine du château de Branchon, sur une île au centre de l’étang actuel , subsistent quelques restes (probablement une tour en ruine) qui rappellent qu’un magnifique et illustre château se dressait fièrement dans cette plaine , entouré de douves alimentées par la Mehaigne.
Histoire :
- Au Moyen-âge, Branchon appartenait aux Comtes de Namur qui laissèrent le hameau en fief à la famille «de Branchon» . Celle-ci donna plusieurs générations de hauts responsables de la ville de Namur (notamment des mayeurs), mais aussi des souverains baillis (agents du roi chargés de fonctions administratives et judiciaires) pour la cité de Namur comme pour celle de Bouvignes (pourtant terre liégeoise).
Les «Branchon» devinrent plus tard sires de Merdorp où se trouvent les restes d’un joli château.
- Le domaine de Branchon fut vendu au XVème siècle à Etienne de Marille. Le dernier de ces « Marille » était curé de Branchon et il laissa le fief à son neveu Henri de Charlet vers 1540.
- Au XVIIIème siècle, le fief passa par mariage aux « de Bruges de Gerpinnes » . On vit Guillaume, époux de Marie de Montpellier, puis Charles (1769-1856) époux de Marie de Montpellier (1814-1866) et enfin Joseph de Montpellier (1814-1878) époux de Charlotte de Wilmet d’Yvoir, l’héritière du château de Weillen à Onhaye.
- Le baron Joseph se fit appeler « de Bruges de Branchon » pour se distinguer de la branche gerpinnoise. Il est considéré comme le bâtisseur de l’actuelle belle demeure vers les années 1850. Le château est signalé dans le Larousse de 1875 comme l’un des bâtiments remarquable de notre jeune pays.
- Henriette-Marie , née en 1843 fille de Joseph et de Charlotte épousa Paul de Bruges, son cousin germain. Ils eurent deux filles qui épousèrent le même homme. Marie-Charlotte (1870-1893) puis Louise (1872-1961) , furent les épouses du baron Guillaume de Gicy (1860- 1914).
- Du premier mariage naquit Pauline qui prit pour époux un de ses cousins « Orjo », et du second mariage naquirent André et Joseph de Giey, chacun uni à une fille « Drion du Chapois ».
- Les Gicy gardèrent Weillen, tandis que Jean-Marie, Simone et Monique d’Orjo, sous la direction de leur mère née « de Bruges » , firent appel au notaire Scheys de Jauche pour vendre Branchon , mais en gardant une grande partie des terres. Le 12 juin 1947, le domaine fut acquis par Joseph Lefèvre et son épouse Marie- Thérèse Desgain.
- En octobre 1967, le domaine fut acheté par Christian Haas et son épouse née Nèle Stoclet. Dès octobre 1974, c’est l’industriel René Grenier qui devient propriétaire et redécore la presque totalité du château. En septembre 1983 ledit Grenier cède le château à la société E.R.G. entreprises. En septembre 1990, suite à la faillite de la société E.R.G. entreprises, le groupe japonais OGISAKA offre 46 millions de F.B. pour emporter la propriété en ignorant la destination à donner à cet investissement .
- En mars 1994, le domaine est racheté par la famille grecque SARATIDIS pour constituer la « S.A. Le château de Branchon ».
Description :
Le château de Branchon est donc une grosse demeure du XIXème S., restaurée au XXème. C’est un château néo-classique, de style empire. Il se distingue par la sobriété de ses décors et par une très belle colonnade en pierre blanche appareillée regardant vers les élégantes grilles d’entrée. |

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Le château de plan massé est caractérisé, façade Nord par neuf travées montant sur deux niveaux, posées sur un soubassement à jours en pierre bleue. Les arêtes sont en chaînage de pierres blanches, peut-être de Gobertange.
La colonnade est constituée de six supports doriques (colonnes cannelées à arêtes vives sans base.) et d’un entablement. Les colonnes sont dressées sur un perron formant soubassement entre les deux ailes latérales du bâtiment , précédées d’un escalier aux degrés en pierre bleue. Cette façade Nord s’admire depuis la voirie à travers les grilles forgées de l’entrée du domaine .
La façade Sud de la bâtisse présente un avant corps central de deux niveaux et demi, posés sur un soubassement à jours en pierre bleue.
Les décors de la façade, les chaînages des arêtes et des baies centrales en plein cintre et les bandeaux sont en pierre blanche, peut-être de Gobertange.

Références :
- Le patrimoine monumental de la Belgique
Vol.5 Tome1
- La Libre Belgique du 20 octobre 2006
- Vers l’Avenir du 5 septembre 1990
- Notes personnelles d’un passionné et ancien de Branchon
- Extrait du Branchon(s)-Nous n°6, mars 2008
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