Ses monuments : Les écoles

 

L'école des Soeurs - Histoire

 

Peu de nouveaux habitants de Branchon le savent, mais le village a connu deux écoles : une de filles et une de garçons toutes deux situées sur le Baty .Nous nous intéresserons aujourd’hui à l’école des filles.

Poursuivant l’étude du « Journal » de l’abbé Mathieu curé de Branchon fin du 19ème siècle, nous trouvons la relation indirecte de ce que fut la naissance de l’école des filles de Branchon.
Une remarque curieuse tout d’abord : en marge de son « Journal » le curé Mathieu écrit cette note curieuse : «  Cette notice , extraite du mémoire justificatif de Mr Duvivier (son prédécesseur : ndlr) en date du 19 mars 1874, est insérée par moi soussigné à titre de renseignement. Je fais observer que le susdit mémoire fut condamné par Mgr Gravoz, évêque de Namur qui ordonna d’en bruler tous les exemplaires »
Qu’est ce qui justifia cette volonté de destruction par l’Evêque ? Nous ne le saurons sans doute jamais ….il n’y avait pourtant rien de sulfureux dans ce récit .

 

 

 Notice sur la translation de l’école des filles, la transformation des vieux bâtiments de la cure …la cession de la nouvelle école à la Commune.

 

Feu Mr de Branchon avait acheté deux maisons avec jardin dont il devait plus tard doter la commune pour l’établissement de deux écoles…. En 1827, une religieuse fut chargée de la direction de l’école des filles et y donna gratuitement l’instruction.

En 1839, Mr de Branchon fit don de cette école à la commune par acte passé devant le notaire Dethy de Taviers. L’acte porte : « Le 9ème jour du mois de mars 1839…Desquels immeubles ladite commune de Branchon donataire aura, à dater de ce jour, la pleine propriété et jouissance mais sous la condition bien expresse que ces mêmes immeubles ne seront jamais employés qu’à l’usage des écoles que la commune devra maintenir et faire desservir par un instituteur et une institutrice professant la religion catholique et qui soient à l’agréation du curé de la paroisse ainsi que des héritiers ou ayant cause du donateur habitant ladite commune. »

Vers l’époque de cette donation, Mr de  Branchon fit examiner par l’architecte Moreau de Nivelles , le vieux bâtiment de la cure qui consistait en fournil, remise, grange, écurie. L’architecte déclara que ce serait très bien , moyennant de grandes dépenses. Il conseillait en même temps quelques changements qui n’amélioraient que médiocrement l’état des choses. Cependant ils furent adoptés et immédiatement on mit la main à l’œuvre, mais on reconnut bientôt que ce n’était que du raccommodage. La maison ainsi restaurée subsista jusqu’en 1856.

En 1856, l’inspection se plaignit de la maison d’école des filles. Soit donc qu’elle eut en connaissance de l’examen susmentionné soit pour tout autre motif, l’inspection adressa une demande au conseil communal pour le prier d’aviser s’il n’y avait pas lieu d’obtenir de la fabrique la cession desdits bâtiments, qui seraient employés à une nouvelle école. Le 7 février, le conseil communal sollicitait de la fabrique la cession présignalée. Celle-ci même jour à ce sujet et formula un projet de cession qu’il importerait de citer ici et qu’on trouvera plus loin comme pièce justificative ainsi que la délibération du conseil communal. Mr Jos. Duvivier entrepreneur à Namur, dressa un plan de transformation qui fut approuvé… Il faisait du fournil une cuisine, plus un parloir ou salle à manger ; il transformait la remise en grande classe, l’écurie en petite classe, la grange fut démolie et les matériaux employés aux nouvelles constructions. Deux pièces furent faites à l’étage , ainsi que la chapelle, avec deux sacristies, pour une congrégation… A peine la délibération du conseil de fabrique était-elle terminée que le conseil communal acceptait avec enthousiasme de cession et s’adressait bientôt à l’autorité compétente pour obtenir un subside. Peu de temps après, un arrêté royal allouait une somme de 4000 frs pour la transformation desdits bâtiments de la cure en maison des sœurs et école des filles. J’ai complètement oublié (ainsi parle Mr Duvivier ) à combien s’élevait le devis estimatif ainsi que la somme offerte par le conseil communal pour sa quote part , à l’effet d’obtenir le subside. Ce qui est certain c’est que s’il a été porté une allocation au nom de la commune, ce n’était qu’une simple formalité. Je garantis que mon argent seul a couvert les dépenses. D’après les notes qui me restent je m’étais engagé à donner 3000frs. Toutefois la commune, selon son engagement fit toutes les corvées. Plus tard elle décréta la démolition de la vieille maison dont les matériaux, évalués à 1300 frs devaient être employés aux nouvelles constructions. Entretemps, elle consentit à donner une douzaine d’arbres, mais de faible valeur. Son concours n’alla pas plus loin ; et je défie qui que ce soit d’oser alléguer qu’elle ait contribué pour un centime à l’exécution de ces grands travaux, lesquels ont été exclusivement à ma charge. Mais il est difficile de contenter tout le monde et toute bonne œuvre doit rencontrer des contradictions. Donc , après un certain laps de temps, il s’éleva des critiques malveillantes. On disait : « c’est exiger beaucoup pour les contributions ! Le curé pourrait bien y trouver son profit ! Et force me fut d’y répondre. A ma demande , le conseil communal fut convoqué à l’effet d’entendre mes explications concernant la nouvelle école des filles. Dans cette séance présidée par Mr Stiévenart, bourgmestre, aussi loyal qu’intelligent, j’eus bientôt démoli les cancans d’une légèreté malveillante, en prouvant et démontrant qu’au lieu de 3000 frs que j’avais promis, c’était bien une somme totale de onze mille cent nonante francs vingt-cinq centimes qui avait été par moi dépensée. Personne n’éleva la moindre contradiction.. Je n’exagère pas en disant que j’ai dépensé dans ces circonstances, d’ailleurs les plus belles de ma vie, onze à quinze mille francs , non compris les frais de table et logement pour ouvriers de toute espèce. Au surplus les bâtiments sont là. Qu’on expertise l’ensemble des travaux exécutés au quartier des religieuses, aux salles d’école, au presbytère, notamment l’escalier, les grillages, le fournil avec étage, les deux remises, les murs de clôture des jardins de l’école et de la cure. Cela est la vérité ; tel est d’une part , le concours de la commune et de la fabrique d’église, et d’autre part mon concours personnel aux dépenses encourues, occasionnées par les nouvelles constructions. Bientôt donc on vit s’élever , à la place des vieux bâtiments de la cure ce vaste local qui comprend le logement des sœurs, deux superbes classes, une magnifique chapelle avec double sacristie, laquelle peut contenir une centaine de personnes.

 

Une classe en 1944.
L’école accueillait les garçons en maternelle : les plus avisés reconnaîtront Roger Hellin, Christiane Collet, Roland Bauwens sous l’oeil vigilant de sœur Loyola

 

 

 

 

 

Au mois d’octobre, époque de la rentrée des classes, tous les travaux étaient terminés. Une procession nombreuse s’organisa à l’issue des vêpres à l’effet de procéder à la bénédiction solennelle de la maison des sœurs et des salles d’école.
Quelques mois après, le révérend doyen du canton , Mr Dohet, bénissait la chapelle et y célébrait la Ste messe. Tous les membres du conseil communal et du conseil de
fabrique assistèrent à cette cérémonie et furent réellement émerveillés de tout ce qui s’était fait au delà des simples corvées  et du subside de 4000 frs de l’Etat.
Aussi  le conseil communal exprima-t-il au conseil de fabrique et surtout au curé sa vive reconnaissance tant pour la cession des bâtiments que pour les sacrifices d’argent que je m’étais imposés.


De cet exposé véridique nous sommes en droit de conclure :

  • Que j’ai dépensé en faveur et au bénéfice de la fabrique d’église pour les constructions dont elle est encore aujourd’hui l’unique propriétaire, des sommes considérables, quintuple du montant des droits de succession payés par elle à l’héritier….
  • Que la fabrique , en faisant droit à la demande de la commune a agi avec une parfaite conformité aux intentions formelles du donateur.

 

(Extrait du Branchon(s)-Nous n°10, mars 2009)

 

L'école communale

 

Nous avons dans un précédent numéro évoqué la construction de l’école des filles de Branchon.Les temps étant ce qu’ils étaient, à côté de celle-ci s’élevait l’école des garçons.

Le 11 aoît 1836, le bourgmestre de l’époque, Mr de Bruges fait donation de deux bâtiments pour l’établissement de deux écoles : filles et garçons. Ces terrains d’une contenance totale de 26,57 ares , sont cédés à la commune le 12 février 1839 à condition d’y enseigner la religion.

Le premier instituteur du village pour les garçons fut Mr Caiot. Il fut remplacé le 26 décembre 1859 par Mr Ferdinand Robaye.L’instruction est donnée gratuitement à partir du 25 août 1861. A partir du 1er janvier 1865, les rétributions scolaires sont fixées à 8 francs par élève et par an.

Quatre ans plus tard, l’inspecteur provincial de l’enseignement primaire adjoint à l’instituteur « un jeune homme diplômé afin d’alléger les fatigues de l’enseignement chez le titulaire. »

Dans les premières années du XXème siècle, le nouvel instituteur Willem reçoit outre son logement et un jardin gratuit, 1200 Frs par an.

A cette époque , s’ouvre une école «libre» pour les garçons chez Mr Rasquart.
Monsieur Jean Lecocq, en fut le premier et le seul instituteur. Cette époque troublée par les luttes scolaires dut procurer quelques frissons à Branchon.


Les garçons en 1932( de fiers gaillards)

 

Le 21 août 1938, Monsieur Jules Gilot est nommé en remplacement de Monsieur Willem.

La nomination de Mr Gilot

 

Pendant la guerre , 5 personnes se succédèrent au poste d’intérim jusqu’à ce que Monsieur Gilot reprenne ses élèves en main le 14 septembre 1944. Atteint par la limite d’âge il prit sa retraite et céda son poste le 15 juillet 1963 à monsieur Eugène Absil, à cette occasion l’école devint mixte.En 1978, l’école ne comptant plus que 10 élèves, elle dut fermer. Mr Absil fut réaffecté à Waret la Chaussée où une bonne partie de ses élèves le suivit.
Jules Gilot devait décéder en mai 1989.

 

(Extrait du Branchon(s)-Nous n°12, septembre 2009)

 

Une dynastie d’instituteurs

 


Dans le dernier numéro de « Branchon-nous »,nous avions évoqué l’histoire de l’école des garçons de Branchon et en particulier de la personnalité de Jules Gilot instituteur à cette école de1938 à 1963. Nous avons eu l’occasion entretemps de rencontrer son fils lui-même instituteur et ancien directeur de l’école »Abbé Noël » à Eghezée qui nous a confié quelques souvenirs de son père retraçant l’histoire des écoles de Branchon. Nous y reviendrons ultérieurement. Nous voudrions aujourd’hui aborder le souvenir d’un autre instituteur Jean-Baptiste Gilot oncle de Jules Gilot qui , habitant Branchon dans la maison située rue de Hesbaye 360 fut de longues années instituteur à Seron-Forville.

La photo que nous reproduisons ci-dessus date de 1920.Elle représente la classe de Jean-Baptiste Gilot. Elle donne une assez bonne idée de ce qu’était la vie d’un instituteur au début du siècle dernier. Si nous avons bien compté il enseignait à pas moins de 42 élèves de tous âges…mais disciplinés. Sa belle-fille Mme Libioulle , elle-même institutrice maternelle, nous a raconté qu’au début de sa carrière il se rendait à son école à pied puis en vélo pour finir par acquérir une petite voiture tirée par un cheval dans laquelle il embarquait toute sa petite famille pour se rendre à l’école. Observons sa tenue : habit, col dur , montre en sautoir et une apparence d’autorité bonhomme qui ne prêtait pas à contestation… les temps changent.

 

(Extrait du Branchon(s)-Nous n°13, décembre 2009)

 

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